Bienvenue !


Rebondir sur un bon mot, s'enrouler dans la souplesse d'une jolie phrase qui dure, imaginer petites frimousses, bestiaires loufoques, paysages oniriques, suivre une idée, la défendre : rien ne nous fait plus plaisir et nous ne faisons rien sans désir.


Textes sonores, presque dansants, images chaleureuses, généreuses, qui parlent et qui racontent : nos livres veulent transmettre aux enfants la liberté d'imaginer, l'envie d'apprendre, celle de partager.
Un propos consistant, une part d'implicite à lire entre les lignes et les formes : l'album est pour nous un objet littéraire et artistique.
Nous le tendons aux enfants avec joie et simplicité pour leur faire goûter des univers d'auteurs.
Entre nous, un lien, une volonté profondément commune : vivre entre humains une vie d¹humain.

La maison a été crée à Nice en 1995 par Marguerite Tiberti.
Les publications s'inscrivent dans des collections à géométries variables mais à préoccupation constante : le partage du langage et de la culture reste un enjeu de société.



You can ask our catalog in an english version, please write to : Marguerite Tiberti.
Mercredi 13 décembre 2006
Auteur : Françoise Laurent
Photos : Franck Terlin
Beau Livre

Terre et orange
10 euros
21 x 30 cm
40 pages
ISBN : 978-2-911013-96-4
EAN : 9782911013966


Une rencontre magique entre les enfants et l'argile



A Vallauris / Golfe Juan poussent les bigaradiers, ces arbres producteurs d'oranges amères. Vallauris est aussi une terre argileuse, avec sa tradition de poterie.

Des enfants de Vallauris, depuis la maternelle jusqu'au collège ont travaillé avec des céramistes et des potiers, d'où est née une exposition baptisée Terre et Orange, en hommage à ces deux productions locales. Françoise Laurent, écrivain, a suivi ces enfants depuis leur rencontre avec l'argile jusqu'à la mise en place de l'exposition. Elle a écrit ce livre, aidée par les enfants, parfois malgré eux, en reprenant leurs expressions d'émerveillement : “Regarde ! Si je mets mon doigt dedans, le trou, il reste !”, ou leurs explications très sérieuses, avec le langage technique approprié concernant la méthode de fabrication de leurs œuvres : "J’ai étalé de la barbotine [mélange d’eau et d’argile] sur le tour du disque, puis j’ai guilloché [strié] le disque de terre et un colombin. [boudin de terre]." Evidemment le ton change lorsque l'on a affaire à un grand dadais du collège qui fait mine de ne rien prendre au sérieux, et surtout pas ce qu'il fait en classe, même si finalement le totem qu'ils créent ensemble, lui et ses camarades, lui plaît beaucoup.

Franck Terlin, de son côté, a photographié l'expérience. Il n'a pas fait de tri dans ses sujets, et l'on voit les masques naïfs façonnés par les touts-petits côtoyer les œuvres d'art de Marc Piano, sculpteur et potier professionnel. Mais celles-ci restent très minoritaires, car l'important de ce livre reste le travail des enfants.


L'AUTEUR / Françoise Laurent aime faire partager son métier d'écrivain. Elle participe régulièrement à des écritures collectives. Elle a publié au Ricochet des ouvrages collectifs, d'autres rédigés en ateliers d'écriture, et deux toute seule.
Titres parus au Ricochet :
•    Tenues blanches pour Azur-Ville 9782911013973 ; 10 euros ; 14 x 20,5 cm ; 168 pages.
•    Une dent contre les fraises 9782911013294 ; 10 euros ; 14 x 20,5 cm ; 144 pages.
•    Entre chienne et louve  9782911013010 ; 12 euros ; 14 x 20,5 cm ; 144 pages.
•    13, rue Saltalamacchia (roman collectif) 9782911013089 ; 17 euros ; 14 x 20,5 cm ; 240 pages.
•    13, cours des chevaliers du mail (roman collectif) 9782911013140 ; 17 euros ; 14 x 20,5 cm ; 256 pages.

par Marenka Ledoux publié dans : Ateliers d'Ecriture
Mercredi 13 décembre 2006
Les Editions du Ricochet

Nous sommes à Nice, en plein centre-ville. Dans un bel immeuble bourgeois se trouve la maison d'édition de Marguerite Tiberti : les Edition du Ricochet. Quel drôle de nom pour un éditeur me direz-vous. Mais souvenons-nous : qu'est-ce que le ricochet ? C'est un jeu auquel nous jouions enfants, dont le but est de faire rebondir sur l'eau le plus de fois possible un caillou plat. Et nous voilà à la bonne rubrique, celle de l'enfance. En effet, les Editions du Ricochet publient des ouvrages pour la jeunesse, dont les livres sont tout autant consultés par les adultes avec un plaisir certain.

Partons du commencement de la vie. Les tout-petits ont leur collection, celle des Bouées du Ricochet. Ici le texte est court et illustré d'images que l'enfant associe facilement aux mots. Le coffret des 4 Couleurs de Malou Ravella et Marianne Barcilon, par exemple, regroupe quatre petits livres illustrant le jaune, le rouge, le vert et le bleu, qui permettent à l'enfant de comprendre le sens de ces mots, d'abord à l'oral puis à l'écrit si l'on veut. Même un peu plus tard, vers trois ou quatre ans, ces livres peuvent constituer un point de départ de jeu éducatif avec l'enfant. On peut jouer à : « qu'est-ce qu'on retrouve de Jaune Kajou dans la chambre / la cuisine / le jardin... ? » Ainsi, l'enfant apprend à repérer quels objets sont de telle ou telle couleur, ce qui peut être un début dans l'appréhension de son environnement. L'adulte qui lit ce livre sera lui aussi touché par l'imaginaire enfantin qui se dégage des aquarelles de Marianne Barcilon, et amusé par ses « bébés-choses » (bébé-citron, bébé-épinard, bébé-coquillage...). Cette dessinatrice a également illustré l'une des dernières parutions du Ricochet, Mon petit baluchon, avec ce même monde naïf, dans lequel reviennent  ces bébés aux sourires espiègles. Cet ouvrage, destiné à la même classe d'âge que les Bouées, décrit ce dont un enfant a besoin pour grandir : un pyjama, du lait au parfum de Maman, mais aussi des mains qui le guident et de la paix dans le monde. Ainsi équipé, le bébé peut naître et grandir en toute sérénité.

Un peu plus grand, l'enfant aime feuilleter seul ses livres, pour regarder les images. Il a encore évidemment besoin qu'un adulte lui lise le texte, mais souvent il aime se raconter ses propres histoires en fonction des dessins. Le Réveil de Nadia Roman et Pascal Vilcollet est alors parfait pour cela. Les illustrations sont simples mais minutieusement travaillées, et invitent à l'imagination car l'illustrateur a créé un véritable univers à hauteur d'enfant, dans lequel tout n'est pas forcément visible et paraît bien grand à cause de la petite taille du héros. Il faut alors inventer le reste de son environnement. La technique utilisée participe elle aussi à la création de cette ambiance enfantine. En effet, comme lorsque nous étions petits, l'auteur dessine et colorie à grands coups de crayons de couleurs largement discernables. Ce livre est l'un de mes coups de coeur, car en plus de la beauté du dessin, le texte de Nadia Roman résonne en nous et nous ramène immédiatement avec nostalgie à ces dimanches matins, où comme le héros, nous hésitions à réveiller nos parents. Quelle allait être leur réaction ? Ne risquions-nous pas d'avoir pour toute réponse un grognement au lieu du câlin tant espéré ? Les parents qui liront ce livre à leurs enfants sauront exactement de quoi je parle, puisque chaque famille passe par ces matins-là.
Les Editions du Ricochet ont aussi plusieurs collections pour des enfants plus âgés. Les Flibustiers regroupent quatre livres aidant à l'apprentissage des maths, avec L'Automath d'Olivier Grébille et Alain Roman, ainsi qu'à celui de la lecture par un phonèmecédaire, avec Le Faunographe de Stéphanie Heendrickxen, Christiane Garel et Marguerite Tiberti. Qu'est-ce qu'un phonèmecédaire ? Voilà un mot bien compliqué, qui désigne en fait simplement un classement des sons et non des lettres. Au lieu d'avoir une liste bien terne du type : « A comme Arbre, B comme Bateau etc.», les auteurs ont fait de petits portraits d'animaux fantastiques, auxquels correspond chaque fois un son. On a par exemple l'histoire de la lainophe, extrêmement fière de ses chaussettes et qui permet donc l'apprentissage du son [è], ou encore celle du mirandal amateur d'émotion qui traite du son [m]. Les deux autres ouvrages de la collection sont Le Scriptophone de Nadia Roman et Cat Caroff, qui aborde la question des homophones, et Le Lunlunoscope de Véronique Massenot et Alain Roman, dans lequel on s'intéresse au genre des mots. Chacun de ces livres comporte un cahier d'activités, qui, plus qu'un cahier d'exercices, est une invite à découvrir par soi-même le monde des mots et celui des nombres, et de tout ce que l'on peut faire avec : écrire des histoires avec les mots ; additionner, soustraire et multiplier les nombres.

Maintenant que l'enfant sait lire et a un vocabulaire bien élargi grâce à la collection des Flibustiers, les Editions du Ricochet lui propose une collection de poésie baptisée Les Alizés.  On trouve dans cette collection Mine de Trombines : une galerie de portraits traités sur le mode du burlesque, où les copines se refilent la scarlatine, où Esther, la bibliothécaire ressemble à une montgolfière, et où Marjolaine se transforme en baleine. Dans le même registre, on a Zoofolies : un recueil de fables où il est question de girafe devenant star, d'otarie prenant la clé des champs et d'hippopotame dansant le hip hop, tout cela en vers bien entendu. Enfin Balarimes, ou le bal des animaux en folie et en quatrains, complète Les Alizés.
Il faut souligner qu'en plus de cette collection entièrement dédiée à la poésie, on remarque dans chacun des livres édités au Ricochet un souci du rythme et de la rime. On notera aussi l'étendue du vocabulaire employé car les auteurs associent souvent des mots tout à fait courants à d'autres plus rares, sans toutefois compliquer la lecture car le contexte aide à la compréhension. L'enfant enrichit donc son vocabulaire facilement et sans même y penser. Par ailleurs, certains livres initient l'enfant à des concepts « d'adultes ». Je pense par exemple à Jour de vote à Sabana, où comme le titre l'indique, le sujet est l'élection d'un chef. Ce thème est assez sérieux, mais traité avec beaucoup d'humour et rendu accessible aux plus petits, grâce à la fois à la plume de Sandrine Dumas Roy et aux illustrations de Bruno Robert. Très jeune, l'enfant se frotte donc à cette notion et cela l'aide dans son apprentissage du fonctionnement de notre société.

Cette idée de l'apprentissage en douceur et avec plaisir semble finalement être le but bien précis que s'est fixé l'éditrice. On retrouve dans chacun des livres du Ricochet un élément nouveau pour l'enfant qui l'aide dans son apprentissage du monde, que ce soit la langue qui nous permet à tous de communiquer, ou l'initiation aux règles de la société. Aux Editions du Ricochet, la lecture ne fait pas que nous divertir, elle nous instruit, et ajoutons que cette instruction est valable pour tous et à tout âge.

Marenka Ledoux


Ouvrages cités :
Le coffret des 4 Couleurs (Vert Zabou ; Rouge Thildou ; Bleu Linou ; Jaune Kajou), Malou Ravella et Marianne Barcilon
Mon petit baluchon, Véronique Massenot et Marianne Barcilon
Le Réveil, Nadia Roman et Pascal Vilcollet
Le Faunographe, Stéphanie Heendrickxen, Christiane Garel et Marguerite Tiberti (cahier d'activités par Jean Secondino)
L'Automath, Olivier Grébille et Alain Roman (cahier d'activités par Karine Lotigie)
Le Scriptophone, Nadia Roman et Cat Caroff (cahier d'activités par Nadia Roman)
Le Lunlunoscope, Véronique Massenot et Alain Roman
Mine de Trombines, Myriam Picard et Valérie Dumas
Zoofolies, Brigitte Vaultier et Kerso
Balarimes, Brigitte Vaultier et Kerso
Jour de vote à Sabana, Sandrine Dumas Roy et Bruno Robert

par Marenka Ledoux publié dans : Sur les Editions
Lundi 20 novembre 2006

Par Béatrice Bomel-Rainelli, professeur à l'IUFM de Nice,

à l'occasion d'une table ronde avec Mario Ramos et Marguerite Tiberti.

Les livres qui font grandir

(Salon du livre, Nice, le 10 juin 2006)


 


Que veut dire cette idée d’une littérature qui aide à grandir ?

Ne craint-on pas là la fonction moralisatrice de la littérature de jeunesse (illustrée par Madame de Genlis au dix-huitième siècle et la comtesse de Ségur au dix-neuvième) ?

De plus, au sens large, « faire grandir » n’est-il pas la fonction de tout art pour adultes ou pour enfants quand cet art n’est pas seulement de distraction, de divertissement au sens pascalien du terme (c-a-d quand il n’organise pas sciemment l’oubli de soi et des autres) ?

En effet, quand la littérature nous relie au processus de civilisation, d’hominisation en nous parlant de nous ou des autres, du monde proche et des univers lointains, quand elle use de la symbolique du langage, elle nous fait grandir en nous inscrivant dans l’humanité.

Alors, quelle différence entre la littérature jeunesse et la littérature pour adultes ? Elles sont proches, en effet, par la qualité d’écriture et l’audace formelle comme thématique.
Mais la littérature jeunesse est peut-être encore plus inventive, notamment parce qu’elle dispose de ce genre spécifique qu’est l’album.

Car l’album est un lieu expérimental fabuleux : sa brièveté lui donne la densité et l’efficacité des nouvelles, son double langage (les mots et l’illustration) permet de multiplier la lecture, d’apprendre à voir sous les mots, de découvrir le mensonge des mots parfois, d’apprendre la complexité donc.


LES LIVRES FONT GRANDIR PARCE QU’ILS ÉVOQUENT LES ÉVENEMENTS AFFECTIFS DE LA VIE DES ENFANTS ET DES ADULTES.

— la fessée : Le Conte du prince en deux ou l’histoire d’une mémorable fessée d’Olivier Douzou

— la naissance d’un frère ou d’une sœur : Tout change d’A. Browne

— la séparation d’avec ses parents, l’adoption : Moun de Rascal

— le divorce, la reconstruction d’un lien avec ses enfants : C’est un papa de Rascal

— la résistance à la pédophilie : Petit Doux n’a pas peur de Marie Wabbes

— l’expérience de la guerre : Flon-Flon et Musette d’Elzbieta, Le Petit Soldat qui cherchait la guerre de Mario Ramos

— le deuil : l’Arbre sans fin de Claude Ponti, Moi et rien de Kitty Crowther, Au revoir Blaireau de Susan Varley, La Grève de la vie d’Amélie Couture, Le Dernier Voyage de Nève et Ramos, Pochée de Florence Seyvos (et Ponti)

— l’amitié : Marcel et Hugo d’A. Browne

— l’amour : Amoureux d’Anne Herbauts, La Princesse des neiges de Rascal et Girel,

— la solitude : la série des Marcel, Violette de Nadja, Anna et le Gorille d’A. Browne

— la difficulté à s’accepter : la série des Marcel, Le Voyage d’Oregon de Rascal et Joos

— la difficulté à être accepté par les autres : Okilélé et La Revanche de Lili Prune de Claude Ponti

— l'acqusition de l'autonomie : Le réveil de Nadia roman et Pascal Vilcollet

Tous ces ouvrages aident l’enfant (ou l’adulte) à se sentir moins seul dans son processus d’humanisation ; ils constituent un « Connais-toi toi-même » précieux, rassurant, qui fait passer par les mots des souffrances, des inquiétudes. Les mots constituent une mise à distance de la souffrance aussi. Ce sont les mots ou la symbolique des autres arts qui nous sauvent du désespoir et de l’angoisse d’être homme, d’être mortel, de ne pas atteindre notre inatteignable idéal du moi.


MAIS LA LJ NE SE CONTENTE PAS D’APPRENDRE L’EXERCICE DE SES PROPRES SENTIMENTS, ELLE PERMET AUSSI LA DÉCOUVERTE DE L’AUTRE, DANS TOUTE SA DIFFÉRENCE ET QQFS SA SOUFFRANCE.

— la différence que constitue l’obésité hante particulièrement le théâtre de la jeunesse : Le Journal de Grosse Patate de Dominique Richard, Mange-moi de Nathalie Papin.

— l’exploitation des paysans pauvres d’Amérique du Sud dans Salvador : la montagne, l’enfant et la mangue de Suzanne Lebeau

— la pauvreté, le travail des enfants, la précarité des immigrés, le statut de l’étranger dans Petit-Gris d’Elzbieta, Eva ou le pays des fleurs de Rascal et Joos, Côté cœur de Rascal et Girel

— la complexité de l’autre dans L’Invité d’un jour de Truman Capote.

— les multiples sens du verbe aimer, L'ogrionne anorexique de Christian Poslaniec et Pef

MAIS GRANDIR NE SE FAIT PAS QUE PAR UNE LITTÉRATURE PSYCHOLOGIQUE OU MILITANTE, NOUS GRANDISSONS AUSSI PAR LE PLAISIR.

ET DÉVELOPPER LE PLAISIR CÉRÉBRAL PEUT SEUL FAIRE QU’ON NE SE LIMITE PAS AU PLAISIR DE LA NOURRITURE, DES DROGUES ET DES CARESSES.


LE LIVRE DOIT ÊTRE ASSOCIÉ AU PLAISIR PAR EXEMPLE PAR L’EXPLORATION JOUISSIVE (POUR LES ENFANTS COMME POUR LES ADULTES) DES LIVRES ANIMÉS, AVEC LEURS TIRETTES QUI FONT APPARAÎTRE AUTANT DE SURPRISES :  Le Roi est occupé de Mario Ramos, La Maison hantée de Jan Pienkowski, À la fête foraine d’A. Browne.


LE LIVRE ANIMÉ POURRAIT SERVIR DE MÉTAPHORE POUR LA FONCTION DE LA LITTÉRATURE : SURPRENDRE, FAIRE CHERCHER SOUS LA PAGE OU DANS SON ÉPAISSEUR CE QUI SE CACHE SOUS LES MOTS.


PLAISIR DE L’ILLUSTRATION : LES JEUX DES ALBUMS À COMPTER (dans Maman de Ramos), LA POÉSIE DES IMAGES IDYLLIQUES DE LA NATURE (les sous-bois magnifiques de Frédéric Stehr dans Sur les traces de Maman, ou de Kazuo Iwamura dans la série sur la famille Souris),  LA BEAUTÉ INQUIÉTANTE DES PAYSAGES URBAINS de Louis Joos (Le Voyage d’Oregon, Eva ou le pays des fleurs), LE PLAISIR SURPRENANT OU LA FASCINATION ANGOISSANTE des dessins d’A Browne (où les arbres révèlent la monstruosité latente de la forêt dans Le Tunnel par exemple mais peuvent simplement jouer sur la métaphore de la mer dans Histoire à quatre voix). LA LUMINOSITE d'Odilon à tire d'aile de Laurence Cleyet-Merle.


LE PLAISIR DE LA CULTURE EST AUSSI DÉCOUVERT TRÈS TÔT PAR LES ENFANTS DANS LES OUVRAGES QUI DÉTOURNENT LES CONTES : chez Geoffroy de Pennart (Le Loup est revenu, Je suis revenu), A. Browne (Dans la forêt profonde), Solotareff (Petit Chaperon vert), Rascal (Petit Lapin rouge). CONNAÎTRE LE CONTE D’ORIGINE PEUT SEUL FAIRE ACCÉDER À L’HUMOUR DE SA PARODIE OU DE SON DÉTOURNEMENT.


MAIS LE PLAISIR DOIT ÊTRE AUSSI DANS LES MOTS :


PLAISIR DE L’HUMOUR : le rire châtie bien l’orgueil du loup dans C’est moi le plus fort de Mario Ramos ; la puissance des expressions courantes se révèle dans Au lit petit monstre de Mario Ramos ; l’ambiguïté pleine d’humour du langage met à jour l’insupportable répartition sexuée des tâches domestiques dans Papa n’a pas le temps de Philippe Corentin ; et certains apprécient l’humour noir de Rascal dans Ami-Ami.


PLAISIR DES JEUX VERBAUX : les joutes verbales des préadolescents dans Records de Douzou, l’exploration de l’état d’amoureux à travers toutes les expressions employées dans Amoureux d’Anne Herbauts, Les burlesques Mines de Trombines de Myriam Picard.


LE PLAISIR DOIT ÊTRE AUSSI LIÉ À LA PUISSANCE ÉVOCATOIRE DU LANGAGE

— L’écriture de certains albums se fait par moments poétique : la partie centrale du Voyage d’Oregon devient poème, sous la double invocation de Rimbaud et de Van Gogh.

— L’écriture peut être aussi chantante, rythmée, primesautière. C’est un peu la marque des éditions du Ricochet, elle peut constituer une chanson (La Grenouille à grande bouche se chante avec ses formulettes, telle « Hop La Hop La la voilà qui s’en va »)

— Un album peut constituer en fait un recueil poétique : par exemple les quatre livres sur les saisons publiés par Marguerite tiberti (C’est pas les Tropiques) constituent en fait une sorte de recueil de poèmes, de haikai charmants ; Le Rêve d’Icare de Rascal est aussi un poème plus qu’un album.

 
LA PUISSANCE ÉVOCATOIRE DU LANGAGE PEUT PASSER AUSSI PAR LA RÉVÉLATION DE LA PUISSANCE MYSTÉRIEUSE DE LA CRÉATION.

— Ecrire semble créer un être dans La Petite Fille du livre de Nadja, comme si écrire était une sorte de magie blanche, libératrice, ôtant un enfant des griffes de l’asservissement pour le faire advenir à la lumière de l’amour, par l’écriture.

— De la même façon, Le Rêveur de Ian McEwan constitue une métaphore de l’acte d’écrire : le jeune Peter Fortune pratique la rêverie comme une sorte de processus chamanique, il entre ainsi dans l’autre, devient l’autre et le comprend, qu’il soit homme, animal ou poupée, qu’il soit un enfant ou un adulte. Et plus tard, dit le narrateur, il est devenu écrivain et inventeur...


C’EST DONC GRÂCE À LA FONCTION CHAMANIQUE DES ÉCRIVAINS QUE LES LECTEURS QUE NOUS SOMMES ENTRENT À LEUR TOUR DANS L’ÂME DE L’AUTRE ET DONC EN EUX-MEMES (« INSENSÉ QUI CROIT QUE JE NE SUIS PAS TOI » COMME DISAIT VICTOR HUGO). ET LES ÉDITEURS SONT LES SERVANTS DE CE CULTE. MERCI, MARIO RAMOS ! MERCI MARGUERITE TIBERTI ! MERCI DE NOUS AIDER À GRANDIR.

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par Béatrice Bomel-Rainelli publié dans : Conférences
Vendredi 3 novembre 2006

Auteure

nadiaroman@club-internet.fr


AUTOPORTRAIT

J’ai 50 ans, 2 enfants, vis et travaille à Nice où je suis institutrice spécialisée auprès d’élèves en difficulté. J’aime dire que j’ai lu tard parce qu’avant je ne m’ennuyais pas !

Tout a vraiment commencé avec Camus qui a su écrire « pour moi », dans la tête de qui je me suis sentie comme chez moi. J’ai découvert avec lui le goût, les odeurs, la chaleur de la lecture. Depuis, bien sûr, d’autres auteurs ont su me faire voyager, de préférence les pieds dans l’eau et la tête au soleil. C’est cette délicieuse sensation de liberté, ces rencontres fortuites et le doux balancement des mots que j’ai toujours envie de transmettre. La littérature jeunesse ne manque pas de poètes, même s’ils ne sont pas nommés comme tels. Mes élèves sont abreuvés de lectures fictionnelles, où quelque soit la nationalité du héros, il arbore obligatoirement avec moi l’accent du midi !

J’entretiens avec la littérature un rapport affectueux qui m’a amenée à la lire, la faire lire, la re-lire et enfin… l’écrire. C’est un cycle classique. Il commence toujours par l’écriture secrète qui devient publique au hasard des rencontres, des amitiés et de la confiance qui nous est faite. C’est ainsi que je m’adresse aux enfants apprentis lecteurs car c’est à eux d’abord que je veux dire ce qui me tient à cœur, ce qui m’a souvent aidée, ce qui m’a fait rire, sourire ou pleurer, ce qui m’a baladée, bercée, fait rêver… Ces petits riens qu’on ajoute avec des mots, petits ou gros, et qui sont toujours là où on les a déjà vus, où on les a déjà lus.

Les livres comme des copains qu’on réunit autour de soi les jours de mal parade, mais aussi les livres qu’on caresse, qu’on offre, qu’on dévore pour mieux les incorporer !


Le Scriptophone est mon premier livre publié. Et Le Réveil, mon dernier-né !

par Marguerite Tiberti publié dans : Auteurs / Illustrateurs
Vendredi 3 novembre 2006
Illustrateur

pascal.vilcollet@free.fr

AUTOPORTRAIT


Je suis né à Melun en 1979 et je vis à Pontault-Combault, aux portes de Paris. Depuis tout petit, j'ai toujours su ce que je voulais faire : dessiner ! (Mes parents ont gardé tous mes dessins !)

Dès l'âge de 16 ans, j'ai commencé à élaborer mon "plan de carrière". D'abord un B.E.P impression, en deux ans : j'ai exploré des techniques telles que la lithographie et l'offset qui me passionnent toujours. Puis un B.T dessinateur maquettiste, pendant trois ans. Et pour finir, un diplôme de concepteur graphique obtenu au terme de quatre ans d'études à l'E.P.S.A.A.

J'ai donc bien visité la chaîne graphique... Sur mon parcours, une rencontre déterminante : Laurent Richard (Les dents de la poule). J'ai effectué un stage au sein de son collectif. J'apprécie également François Roca, Delphine Durand et Muriel Kerba qui sont aussi illustrateurs jeunesse.

J'adore me promener au Louvre et au palais de Tokyo. J'aime beaucoup Caravage pour ses clairs-obscurs. J'utilise les techniques de l'acrylique, gouaches et crayons de couleurs, et pratique aussi l'illustration vectorielle. Quand je ne dessine pas, ce qui est rare, je tape dans un ballon. (J'ai aussi voulu être footballeur.)

Actuellement, je dessine pour la presse jeunesse (Milan presse, J'apprends à lire, Toboggan, Fleurus, Turbulences) et pour l'édition (Milan édition, Fleurus et Kaléidoscope). Je travaille aussi dans la publicité comme story boarder et rough man.

par Marguerite Tiberti publié dans : Auteurs / Illustrateurs
Jeudi 2 novembre 2006


Le réveil, pistes de travail

(vécues lors d’animations pédagogiques autour de l'album)


Le réveil c’est l’histoire d’un tout petit (environ 3 ans) qui se réveille le premier ; ses parents dorment, sa grande sœur dort. Le voici donc « seul » dans la maison. Ce qu’il veut, c’est que quelqu’un se réveille, de préférence sa mère ! Mais il sait que les câlins et la lecture d’album qu’il attend, en réveillant ses parents, il risque de ne pas l’obtenir… Alors, il se balade dans la maison, fait tout ce qu’il sait, peut faire, et finit par retourner dans sa chambre patienter en parlant à son ours. Mon propos central est bien sûr la découverte de l’autonomie et la fonction de l’objet transitionnel.

Après la découverte de l’album par les images puis la narration et/ou la lecture du texte, les enfants vont largement s’exprimer. C’est un monde familier, des actions simples et très « décrites » par le texte et les illustrations. Le texte invite à la découverte de formes syntaxiques déjà élaborées ainsi qu’à un schéma narratif structurant. Il est pour toutes ces raisons un support projectif et identificatoire large.

Le grand format de l’album est un support très confortable pour un travail de groupe.

 

Les thèmes généraux :

  • La famille : il s’agit d’une famille avec une référence aux grand parents
  • Les actions : la « gymnastique » pour sortir du lit, grimper sur un tabouret, descendre de la table, aller faire pipi, se déplacer dans les différentes pièces de la maison
  • Le petit déjeuner : il récupère des céréales et ne sait pas ouvrir la bouteille de lait
  • La maison : les différentes pièces et leur mobilier, leurs occupants
  • Les jouets : les Play Mobil, les ours et les jouets dans les chambres, la télé (il ne sait pas l’allumer donc ne peut la regarder seul, ouf !)
  • Les albums : il ne sait pas encore lire, fait référence à ceux qu’on lui lit, un peu d’intertextualité avec « boucle d’or »
  • La sucette : je n’étais pas vraiment pour !, mais elle apparaît en tant qu’objet représentatif de l’enfance ; elle finit par traîner sur le sol de sa chambre. Elle est tout de suite remarquée par les enfants (il se réveille sans, puis la porte puis l’abandonne)

 

Cycle I

Avec des PS

L’histoire peut être découverte en feuilletage durant lequel les enfants s’expriment volontiers.

On peut envisager des activités de lecture d’images ; elles sont très attractives, colorées et très parlantes pour les enfants.

Les thèmes :

-        les « doudous »

-        les jouets

-        la sucette

-        le petit déjeuner

-        les albums favoris

-        la chronologie du réveil

-        la famille

-        les pièces de la maison…

 

Avec des MS

Feuilletage, narration et lecture, ainsi que toutes les activités des petits en y ajoutant :

-    l’intertextualité retrouvée facilement à l’évocation de Boucle d’or

-    les classements

-    les activités de chronologie

-    les tris d’images

-    le vocabulaire de la maison

-    le schéma corporel lié à la « gym » pour sortir du lit et grimper jusqu’au placard

-   les repérages de lettres avec les illustrations des cubes et lettres découpées arrivent dès le titre.

« C’est la lettre de mon prénom ! »

 

Cycle II

Avec des GS

Découverte et lecture de l’album

-         commentaires et expression

-         illustration d’un passage choisi

-         lecture d’indices (différents ours, chambre de la sœur…)

-         écriture inventé ou/et dictée à l’adulte (en fonction du travail mené en classe)

-         reconnaissance des lettres, jeux de production d’écrit (associé au titre)

-         l’évocation des parents et de la sœur (sans image) ouvre le champ descriptif de leur propre famille

-         le schéma narratif : s’il fait… ou s’il ne fait pas

 
Avec des CP

Découverte et lecture de l’album.

La lecture autonome par les élèves ne devra pas être envisagée trop tôt dans l’année. Il s’agit d’un texte volontairement « écrit » plus accessible à de bons lecteurs. Il ne faudrait pas que les CP se trouvent en difficulté et perdent le plaisir lié à l’album.

Toutefois rien n’interdit de le joindre aux albums de la bibliothèque de la classe !

Toujours les mêmes propositions que les GS. De plus on peut commencer à écrire des mots connus, rechercher des mots dans le texte pour écrire une phrase à illustrer, faire des hypothèses sur le dialogue avec l’ours, le réveil avec la sœur, le réveil des parents...

Les GS et CP qui ont déjà fréquenté cet album ont en fin de séance inventé une histoire reprenant comme schéma narratif le cheminement d’un point à un autre comme le héros qui va d’une pièce à l’autre. Ils ont ensuite recherché des albums connus construits sur le même modèle et ont réalisé un album de classe au CP et un individuel en GS.

 
Avec des CE1

L’identification peut se faire sur la sœur lectrice. On peut aller plus loin pour l’écriture bien sûr, soit en choisissant de fouiller un passage, soit en continuant l’histoire.

Les plus grands parlent facilement de leurs habitudes de sommeil, évoquent leurs terreurs nocturnes, leur désir d’aller dormir avec leurs parents et parfois les difficultés familiales qui sont révélées par le choix du lit (« papa dort dans le canapé »). Ils sont aussi très précis sur les règles d’hygiène alimentaire et d’hygiène corporelle. (« Ho ! tu te laves les dents avant de déjeuner ! »)

En animation, l’accent mis sur le réveil de chacun a permis de dégager des caractéristiques communes : lever, petit déjeuner, toilette, habillage… et de réaliser un début d’histoire général.

Ensuite les élèves ont remarqué qu’on ignorait ce qu’allait faire le héros et ont émis des hypothèses :

-       partir en vacances

-       partir en week end

-       aller à l’école

-       aller chez les grands parents

-       aller faire du sport

-       aller à la danse…

 
Chacun a choisi sa suite et a continué son histoire en production écrite autonome.


Mercredi 18 octobre 2006


Illustratrice

marianneophelie@yahoo.fr


Née à Paris en 1969, mariée, mère de deux enfants de 3 et 7 ans, cette diplomée des Beaux-Arts et de l'école des Métiers de l'image utilise l'aquarelle et le crayon comme dans les beaux livres d'autrefois... mais pour une expression très contemporaine !

Elle a déjà publié...

Aux Editions du Ricochet :
Rouge Thildou, Vert Zabou, Jaune Kajou, Bleu Linou.

Chez Kaléïdoscope :
La Princesse coquette, La Tétine de Nina, La Sorcière Tambouille, Le Tournoi des Jaloux, Thomas n'a peur de rien, Un petit frère pour Nina, Salomé veut une histoire.


par Marguerite Tiberti publié dans : Auteurs / Illustrateurs
Mercredi 18 octobre 2006

Ecrivain (et parfois illustratrice)



veroniquemassenot@tiscali.fr

 

 

Née en Bourgogne en 1970, mariée, mère de trois enfants de 7, 9 et 11 ans, Véronique a la bougeotte, au sens propre comme au figuré. Elle aime tous les voyages : les vrais et ceux que l'on fait par la pensée, en lisant ou... en écrivant. Titulaire d'une maîtrise d'histoire de l'art, elle hésitera longtemps - archéologue ? restauratrice de tableaux ? médiéviste ? - et choisira, finalement, la plume et les pinceaux de son enfance.

Ses Lettres à une disparue, son premier roman, marqueront le départ de la belle aventure en cours : la création littéraire.

À noter : les Editions du Ricochet sont les seules à publier ses illustrations ! (cf. Devinette)

Aux Editions du Ricochet :
Le Lunlunoscope et son cahier d'activités (2005), Devinette (2002)

Chez Gautier-Languereau :
L'Ogre de Silensonge, Marabout, bout de sorcière, Milos (Y a un os !).

Chez Hachette :
Lettres à une disparue, Soliman le Pacifique (journal d'un enfant dans l'intifada).

Pour en savoir un peu plus, vous pouvez :

...visiter son site : www.veroniquemassenot.net

...feuilleter son carnet : http://correspondances.hautetfort.com

...consulter sa fiche sur le site de La Charte

...consulter sa fiche sur le site Natalecta

et, surtout, plonger dans ses livres !


par Marguerite Tiberti publié dans : Auteurs / Illustrateurs
Mardi 17 octobre 2006


Auteur

 

Autoportrait

Je dis fréquemment que je n’ai qu’une seule casquette mais qu’elle possède plusieurs visières. La littérature est depuis toujours au centre de mes préoccupations, plus particulièrement la littérature de jeunesse depuis une vingtaine d’années.

Je suis né à Paris, en 1944, de parents immigrés dont le français n’était pas la langue maternelle. Une excellente motivation pour aspirer à devenir écrivain et prof. de français ! J’habite dans la Sarthe, en peine campagne, en haut d’une colline bordée par une forêt.

Très tôt, j’ai commencé à écrire des poèmes et des nouvelles dont un certain nombre sont parus dans ce qu’on appelait alors des fanzines. Parallèlement, je faisais des études de lettres (maîtrise sur Robert Desnos, Doctorat de 3e cycle sur Baudelaire). Après un passage rapide dans un collège, je me suis retrouvé prof. de français à l’école normale du Mans. C’est alors que j’ai commencé à m’intéresser à la littérature de jeunesse. Mon premier ouvrage publié était une anthologie de poèmes pour les enfants, Le coffret d’Aladin, à L’école des loisirs. Une fois dans la place, j’ai publié mes propres œuvres.

Mes oeuvres

Pistache (album), illustré par Pef, Sorbier, 1986.

Histoires horribles… et pas si méchantes (roman), illustré par Erika Harispé, Flammarion, 1987.

Le 13e chat noir (roman), L'école des loisirs, 1992.

Concerto pour palette et rimes (poésie), L'école des loisirs, 1993.

Le douzième poisson rouge (roman), L'école des loisirs, 1998.

Le jour des monstres (album), illustré par Claire Le Grand, Métagram/Épigones, "Petite bibliothèque illustrée", 2001.

Le chat de mon école marque toujours midi (poésie), illustré par Antonin Louchard, Lo Païs, "d’Enfance", 2002.

Le chien d’outre-tombe (roman), Syros, "Chauve souris", 2002.

Un amour de girafe (roman), Castor poche Flammarion, "La vie en vrai", 2003.

J’ai multiplié les anthologies de poèmes ou de nouvelles. Les deux dernières en date sont :

Mystérieux délits, L’école des loisirs, 2003.