Samedi 17 mars 2007




L'Ogrionne anorexique

Une charmante ogrionne, aimant à se pimpelocher, vient à confondre les sens du verbe aimer.

Au pays des ogres, où l’on se délecte de fins morceaux d’enfanceaux, elle en perd l’appétit.

Lionel saura la sauver en ferrant la licorne, en amidonnant la chemise de la sorcière, en intimidant le diable des rochers et en maîtrisant le dragon déglingué.

Un vrai conte aussi drôle que féroce !



Caractéristiques

Par Christian Poslaniec et Pef

Grand Album - 24 cm sur 34 cm - 40 Pages - 14 euros

ISBN 2-911013-71-9


Le mot des auteurs

par Christian Poslaniec

Pourquoi une ogrionne anorexique ?

A cet égard, je dois d’abord faire un aveu : depuis 20 ans que je m’intéresse à la littérature de jeunesse, il y a quelque chose qui m’énerve considérablement : le conte.

Qu’on ne se méprenne pas : j’aime, j’admire, les contes de Perrault, des frères Grimm, d’Andersen, d’Afanassiev ou de Jacobs. Parce que ce sont des contes, justement.

Mais depuis que les médiateurs de lecture ont décidé que les contes c’est pour les enfants (alors que beaucoup n’ont pas été écrits pour eux), on a amoindri ce genre. On appelle n’importe quoi conte, surtout des petites histoires sans intérêt, mignonnettes ou carrément vides de sens, pourvu que ça commence par " Il était une fois " et qu’il y ait un peu de magie. Dans les bibliothèques, au lieu de faire intervenir des écrivains - ce qui fait lire les enfants - on organise des spectacles de conteurs. Des spectacles ! Dans les collèges, pendant des années, on a érigé les analyses de Propp en définition du conte, et même du récit en général, et les jeunes ont dû plancher sur le schéma actanciel (Sit. initiale / Élément perturbateur/ Adjuvant / Élément de résolution / Sit. finale), qui n’apporte rien à la littérature. Et pour cause : Propp a travaillé explicitement sur les contes russes populaires du 19e siècle !

Un vrai conte met en scène un interdit social présenté d’une façon horrifique, et toutes les structures littéraires convergent vers le point central qui résume cet interdit : les femmes de Barbe-Bleue égorgées, la petite marchande d’allumettes que la bonne société laisse mourir, Peau d’âne que son père veut épouser, Hansel et Gretel que la sorcière veut dévorer, la petite sirène qui souffre mille morts pour oser changer de condition, etc.

(à suivre...)

Lire la conférence de Christian Poslaniec : De la Gourmandise des Ogres

 

par Marguerite Tiberti publié dans : Nos livres

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